Accueil>Résidence d'écriture de Felix Jousserand

Vos démarches administratives en ligne

Résidence d'écriture de Felix Jousserand

Félix Jousserand en résidence de création d’un opéra

  • Concert de poche : Félix Jousserand & Vincent Artaud
  • Samedi 17 janvier à 18h
  • Théâtre Jean Marais à Saint Gratien
  • Gratuit sur inscription au 01 39 89 24 42


scene slam ouverteFélix Jousserand est en résidence de création en janvier et en avril au Théâtre Jean Marais à Saint Gratien pour mettre en place une première ébauche musicale et scénique de l’opéra qu’il a écrit l’année dernière, dans le cadre de sa résidence d’écriture sur la ville. A la fin de sa première période de travail, il propose, samedi 17 janvier à 18h, en compagnie de Vincent Artaud, un concert de poche.

Pour la création et le passage à la scène du texte qu’il a écrit dans le cadre de sa résidence d’écriture à Saint Gratien en 2014, il fait une première escale consacrée à la musique au Théâtre Jean Marais. Pour ce faire, il s’accompagne de Vincent Artaud, grand compositeur et arrangeur qui crée une musique de la confluence, où se mêlent avec brio les inspirations les plus diverses, de l’art symphonique au minimalisme répétitif, en passant par l’expressivité du jazz et certaines couleurs propres au rock.

Venez découvrir une première étape de leur travail à l’occasion du concert de poche qu’ils vous proposent samedi 17 janvier à 18h au Théâtre Jean Marais.

Le second temps de travail en avril mettra en scène les personnages de l’opéra, avec des comédiens, et sera l’occasion d’accueillir un chœur amateur du Cercle des arts (plus d’informations).

Découvrez l'interview de Félix Jousserand

BIOGRAPHIE

Félix Jousserand démarre ses activités en 2000 et participe au collectif SPOKE ORKESTRA – dont le style est parfois qualifié de slam « hardcore».

Il s’illustre par une production foisonnante : littéraire, musicale, scénique – avec des performances poétiques – ou éditoriale – il cofonde les éditions SPOKE, première structure éditoriale liée au mouvement slam.
Ses activités gravitent autour de l’oralité et de formes littéraires populaires et percutantes. Le parti-pris qu’il défend se trouve à mi-chemin entre littérature et expression scénique.

Il dépeint les grandes métropoles, les effets de la culture de masse, dans des formes semi-narratives et s’emparent des thèmes du moralisme, de l’art des chansonniers "humanitaires" et des techniques "modernes" de la poésie : cut, sample, etc.

En 2009 paraît BASKETVILLE aux éditions Le Diable Vauvert. Félix Jousserand collabore également avec la compagnie Duzieu Dans les Bleus pour la mise en scène de sa pièce de théâtre VICTORIA.

Il écrit aussi des chansons pour chanteuses, participe aux soirées littéraires IL FAUT QU’ON PARLE, dirige des ateliers dans toutes les banlieues nord de la France, collabore avec Arte Radio et prépare la mise en scène de INTERROGATOIRE, une pièce de théâtre qui sera créée à La Maison des Metallos en 2014.

Il coopère régulièrement avec des musiciens de musique improvisée et aime organiser des événements autour de la poésie orale qui réunissent des acteurs issus de ses différentes scènes.

 

Félix Jousserand, auteur issu de ce qu’on a appelé la scène slam parisienne, s’illustre par une production littéraire, musicale, scénique ou éditoriale foisonnante, gravitant autour de l’oralité et de formes littéraires populaires et percutantes.
En résidence d’écriture à Saint Gratien depuis novembre 2013, il a mené avec les habitants de nombreux projets : rencontres, cycles d’écriture poétique, ateliers, scènes ouvertes...

En parallèle, Félix Jousserand mène des actions auprès des associations de la ville. Si vous désirez avoir plus d’informations, vous pouvez contacter le 01 39 89 31 18.

"BOITE A OUTILS" : BIBLIO-DISCOGRAPHIE

  • "Anthologie du Slam" - Editions Seghers – collectif - 2002
  • "Spécial K." - Revue LIGNE NOIRE - 2002
  • "1er Mai" - Editions Spoke - 2002
  • "La plus grande grande pièce du monde" - collectif – Ed. de l’Amandier - 2003
  • "Interdit aux mineurs" avec SPOKE ORKESTRA - 2004 - 55 / BMG
  • "Dum Dum" - avec Vincent Artaud - avril 2006 - BFLAT / Discograph
  • "Tchernobyl mon Amour" sur la compilation "Tchernobyl 20 ans " - Productions Spéciales - 2006
  • "Le chanteur engagé" sur la compilation SLAM / Mouvement - MELODIK MUSIC - 2006
  • "Merci Merci" sur la compilation BOUCHAZOREILL SLAM - Because music - 2007
  • "N'existe pas" avec SPOKE ORKESTRA - basaata / musicast - 2007 -
  • "Etranger chez soi-même" - collectif sous la direction de Tonie Morrison - Christian Bourgois - 2007
  • "BLAH - anthologie du slam" - spoke / florent massot - 2007
  • "Basketville - tu peux toujours courir" - Le Diable Vauvert - 2009
  • "Le professeur Félix" - Dum Dum - EncorE / Discograph - 2010
  • "VICTORIA" - Théatre - Editions IMHO / Les Belles Lettres - 2010
  • "Elastane" - in Revue Ravage(s) - 2013

Interview de Félix Jousserand :

Peux-tu nous décrire ton activité artistique ?

J’ai été un activiste de la scène slam parisienne à ses débuts, dans un petit café de l’est parisien qui s’appelait « Les lucioles ». J’ai contribué un peu à la dynamique de l’époque en montant une petite structure d’édition alternative et autonome. Je me suis illustré sur la scène slam en devenant éditeur un peu malgré moi. A l’époque les éditeurs que je connaissais se plaignaient souvent du manque de qualité des textes qu’on leur proposait alors que pour moi c’était l’inverse, j’avais la chance incroyable d’être au milieu d’une pléthore d’auteurs absolument absents du radar éditorial mais qui étaient de vrais écrivains. Au final cette étape s’est bien passée, on a pu sortir plusieurs livres qui se sont très bien vendus. C’est la pierre que j’ai apporté à l’édifice de cette scène. Mais je n’avais pas vraiment vocation à devenir éditeur. Avec le temps s’est posée la question du développement de cette activité : acquérir des bureaux, d’éventuels financements publics, organiser de la distribution… Cela pouvait marcher mais je n’étais plus concentré sur mes travaux d’écriture donc j’ai laissé tomber cette maison d’édition. Mais c’était une très bonne formation sur le tas.

Tu as donc très rapidement eu cette volonté de faire sortir de l’ombre les artistes slameurs…

Absolument, et c’est cette puissance collective rare de la scène slam qui m’avait attiré. A l’époque je venais de m’installer à Paris et je trouvais cette scène très séduisante. Je me demandais quel miracle avait fait que tous ces gens s’étaient retrouvés à un instant « T » pour réaliser quelque chose dans la même direction artistique. Tout ça, et la compétition entre nous, m’a donné une énergie. On était curieux de ce que chacun avait écrit dans son coin et on se retrouvait deux fois par semaine sur scène pour essayer d’apporter du neuf et de « traumatiser » les gens dans le bon sens du terme : par le rire, le drame, la musique, la chanson… L’idée était de trouver des choses pour percuter son auditoire… Car la poésie n’est pas majoritaire et a un passif scolaire en France qui contribue à sa perception souvent négative. Alors que ce qui m’intéresse dans la poésie, c’est le côté « ici et maintenant » que l’on retrouve dans le slam.

Comment as-tu découvert le slam et cette passion pour l’expression orale ?

Je faisais partie de quelques groupes de musique quand j’étais ado… mais je ne sais pas vraiment pourquoi je le faisais. A la maison nous avions une machine à écrire et je suis tombé dernièrement sur des textes que j’avais écris à l’époque chez ma mère. Certains sont quasiment identiques à ceux que je peux écrire maintenant. C’est assez fascinant. J’ai écrit très jeune, vers 10 ans, puis il y a eu un trou avant que je m’y remette sans trop savoir pourquoi vers mes 22 ans. Mais finalement cela ne m’a jamais lâché.

Quel a été l’élément déclencheur qui t’a amené à devenir slameur ?

En arrivant à Paris j’avais déjà quelques textes en poche mais il y a eu ce moment entre les années 90 et 95 où la techno est arrivée en masse dans le paysage musical. Moi j’étais plutôt Rockabilly, Rock n’Roll et d’un coup la techno est arrivée et plein de gens autour de moi ont foncé là-dedans. Cela m’a fait réfléchir et je me demandais ce que l’on pouvait imaginer pour transposer des textes sur ses formats de chansons plus longs et uniquement rythmiques. J’ai alors écrit quelques textes avec un camarade, dans l’idée de les transposer sur de la techno. Ensuite j’ai eu un rendez-vous avec une fille sur Paris et par le plus grand hasard nous nous sommes retrouvés au bar « Les lucioles », rue de Menilmontant. Il y avait une scène slam ce soir-là. On assistait aux premiers sets et je me suis dit : « Ah mais ça je sais faire !» donc avant le deuxième set je suis allé voir l’animateur et lui ai dit que j’aimerai bien réciter un texte. Je me suis lancé. Et comme la vie ne tient à rien du tout, si on m’avait mollement applaudi ou hué ce soir-là, je n’aurais peut-être jamais continué. D’autant qu’au début ce ne fut pas vraiment un plaisir : tu es seul sur scène, tu as cent paires d’yeux qui te jaugent, mais au final ça s’est super bien passé. C’est comme ça que tout a commencé. C’était vraiment dû au hasard plus qu’à la volonté. J’avais déjà l’idée d’écrire mais c’était davantage une question de vie que d’art, je me disais que la position de l’écrivain était intéressante stratégiquement et politiquement dans la société. Dans mes pensées de jeunesse, je lisais beaucoup à l’époque, c’est ce que je me disais. Le slam faisait une sorte de synthèse entre un désir littéraire profond mais qui me paraissait inatteignable, et quelque chose que je connaissais mieux : la musique. J’ai vraiment été baigné dans la chanson réaliste, l’histoire de la chanson française, c’est quelque chose qui m’a toujours nourri. La musique et le slam  formaient un genre de compromis atteignable.

Quel est justement votre rapport à la musique et sa place dans votre art ?

Elle est centrale. La problématique du slam c’est la musique, mais dans le sens du souffle, le mot, le moment où l’être humain apprend à mastiquer un son, des choses très simples et très anciennes qui sont de l’ordre de la nature humaine.

Comment se sont faites tes collaborations avec le monde de la musique ?

Au début il y avait donc cette scène slam encore balbutiante et progressivement des équipes de gens se sentant proches intellectuellement ou artistiquement se sont formées. Je me suis retrouvé dans un trio plutôt « saignant » avec Nada et D’de Kabal. Nada était un des grands anciens du slam, avec un lourd passif : punk, ex toxico, ex taulard, avec une poésie de rue un peu crado. D’de Kabal était un peu en rupture de ban par rapport à la scène rap où il ne trouvait plus son compte, et moi je sortais de l’école… Le collectif s’appelait Spoke Orchestra. Entre 2002 et 2004 nous tournions en a capella, on arrivait dans les festivals les mains dans les poches, c’était génial. On a fait ça 2 ou 3 ans puis j’ai rencontré Franco Mannara, un compositeur. On sentait que le groupe commençait à tourner un peu en rond donc on a commencé avec lui à produire les titres en musique. Avec comme contrainte de partir des textes a capella pour ensuite poser la musique. C’était une période où le slam commençait à faire parler de lui, bien avant Grand Corps Malade. Nous avons trouvé un label sans avoir à lever le petit doigt, puis on a fait notre disque. Nous avions aussi un tourneur donc les concerts se sont enchaînés.
J’avais un vieil allié, Chico Ronaldo, un guitariste de jazz, par qui je me suis très vite lié d’amitié avec plusieurs autres jazzmen. J’étais émerveillé par la scène sauvage du jazz de l’époque et j’y retrouvais ce qui m’avait plu dans le slam. J’ai alors beaucoup joué avec un orchestre appelé Thot, celui du saxophoniste Stéphane Payen. A leurs côtés j’ai appris énormément de choses sur la musique, c’était incroyable.
J’ai ensuite rencontré un autre label, Discograph, qui m’avait entendu un soir avec Spoke Orchestra. Ils avaient apprécié l’influence du polar que l’on pouvait retrouver dans mes textes, le côté parfois narratif, très noir, le jeu sur les stéréotypes etc. Le label m’a alors proposé de faire un disque narratif avec des « textes sonores » (Dum Dum, 2006). Puis on m’a présenté Vincent Artaud, qui à l’époque était contre-bassiste, cela a été un compagnonnage artistique qui ne s’est pas arrêté depuis.  Mes trois grandes étapes musicales sont donc : Spoke Orchestra, Thot et Vincent Artaud. Plus récemment je me suis mis à apprendre la basse, sur logiciel, académiquement, et ça me plaît bien. On va voir ce qui va se passer avec ça.

Quelle a été ta  première approche de la ville de Saint Gratien ?

Mes grands-parents y tenaient une épicerie-crémerie, qui a disparu au moment de la rénovation urbaine, et ont passé une bonne partie de leur vie ici. Ils étaient normands et sont montés à Paris après la guerre. Apparemment la ville était à l’époque assez dynamique au niveau commercial, ce qui les a amenés à s’y installer. J’allais voir mon père quand je venais à Paris mais sans passer une seule fois à Saint Gratien. Quand on m’a proposé ce projet de résidence, cela me tenait à cœur de travailler dans cette ville.

Comment as-tu appréhendé la ville dans ton approche artistique ?

Le secteur qui m’intéresse principalement à Saint Gratien, c’est la place du Forum. Je m’intéresse beaucoup à la folie, dans le bon sens du terme comme dans le mauvais, qui a amené à raser le centre de cette ville au milieu des les années 60. Il y a une conjonction entre le fait que la crèmerie de ma grand-mère a été détruite et des questions urbanistiques et architecturales qui me sont tout a fait chères, sans trop savoir pourquoi. Il se trouve que j’ai été amené à passer beaucoup de temps, pour le plaisir et pour le boulot, dans toutes les banlieues du nord de la France. Cela m’a donné une certaine connaissance de l’histoire de l’urbanisme en France au XXème siècle et des questions auxquelles cela renvoie. Je trouve que ce qui a été fait à Saint Gratien, à savoir remettre sa boussole à zéro pour ré-imaginer toute une circulation à l’intérieur de la ville, repenser le sens de la marche, c’est un terrain qui me semble très fécond…

Il faut savoir que lors d’une offensive de l’armée israélienne en territoire palestinien pendant l’opération « plomb durci » (en 2008), le général en chef avait compris que la carte ne faisait pas le territoire et que s’il voulait battre l’adversaire sur son terrain, il fallait trouver une technique qui permette de développer « son » territoire sur le territoire de l’ennemi, que leurs rues deviennent « ses » rues. Il a donc employé la technique du « swarming » qui consiste à redessiner la carte entière d’une ville en cassant les maisons, en passant au travers, en substituant une logique de circulation personnelle au dispositif circulatoire de l’ennemi. C’est un exemple militaire qui est dur mais qui a le mérite d’être éloquent. Je trouve que l’on retrouve cette logique dans l’architecture et dans le fait de redessiner une ville. C’est cette logique qui m’intéresse, tout comme le côté très utopique de ces nouvelles constructions. On voit bien sur la place du Forum les influences de Pouillon, Le Corbusier… Et je trouve que parmi les trois ensembles de la ville bâtis dans les années 60, le Forum, par sa forme circulaire, est le plus audacieux. Son style est un peu plus rare et dénote de ce que l’on peut rencontrer ailleurs...

Découvrez le Slam de Félix Jousserand sur la place du Forum à Saint Gratien :


Le Slam de Félix Jousserand sur la place du... par webmasterstgratien


 


Slam de Félix au Trois Baudets : « Le jour où ils ont démoli la barre »


Titre exclusif de l’album de DUM DUM en Live.
Enregistré à l'EMB Sannois (95) dans le cadre de la résidence de création du spectacle : "Le professeur Felix".

Les Suppliantes - Entretien avec Félix Jousserand, auteur de Victoria from Eric Leuliet on Vimeo.