En 1562, la terre de Saint Gratien entre dans la famille du plus célèbre de ses seigneurs. Le domaine s’étend alors sur plus de 274 ha (superficie actuelle de la commune), des collines d’Argenteuil et d’Orgemont, aux rives du lac qu’il englobe tout ou partie.
C’est Jean Poisle, bisaïeul du Maréchal de Catinat, conseiller au Parlement sous Charles IX et Henri III, qui acquière la terre de Saint Gratien. Celle-ci appartient alors à Léonard d’Aiguillon, sieur commendataire du Prieuré de Conflans-Sainte-Honorine.
Le fils de Jean Poisle,
Jacques Poisle (1559-1623), grand-père maternel du Maréchal de
Catinat, y fait construire le château en 1610.
Françoise-Catherine Poisle (1601-1649), fille de Jacques Poisle, épouse Pierre II de Catinat (1598-1674). A la mort de son frère aîné, c’est à son époux que revient le titre de "Seigneur de Saint Gratien".
A la mort de l’aîné de leur fils, Nicolas de Catinat (1637-1712), le onzième de cette famille de seize enfants, futur Maréchal de France, hérite du titre, du château et de la terre. Il s’y installe de 1676 à 1712.
Archétype du domaine seigneurial rural, le domaine de Saint Gratien est composé à l’origine du château lui-même, de dépendances, d’une cour et d’une basse-cour et d’un vaste parc. L’ensemble est complété par un parterre "à la française", et vers le village d’une avant-cour bordée de communs.
Le parc du château comprend en outre un potager, un verger, un jardin anglais, une luzerne, une futaie avec ses allées, une pépinière de peupliers, une pièce d’eau et des terres labourables. Mais la propriété s’étend au-delà de ces terres labourables et inclut prés, vignes et fermes louées.
Avec son avant-corps central à fronton peu développé, ses pavillons latéraux cantonnés de chaînage de pierre et de hauts combles "à la française", le château de Jacques Poisle est typique des constructions du début du XVIIème siècle. L’usage restreint de la pierre de taille et la modestie du bâtiment (30 m x 10 m) sont des constantes de l’architecture de l’époque et du style Louis XIII (1589-1661). L’économie impose la rigueur et cette rigueur se traduit par la sobriété. Les sculptures chargées disparaissent, les façades sont construites de briques, ou de crépi façon brique, comme celle de la place des Vosges.
Son aspect simple, mais de proportions harmonieuses, dépourvu de décor, correspond parfaitement au caractère du maréchal de Catinat, qui, en choisissant d’y établir sa retraite, contribue à sa renommée.
De nos jours, le cadre champêtre vanté par les contemporains du maréchal a disparu. Il ne reste de ce vaste domaine que le château, maintenant situé en plein cœur de la ville.
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