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L’Église actuelle
remplace une église du XIIIème siècle, agrandie au
XVème siècle, qui menaçait de s’effondrer. Elle a
été construite grâce à un prêt de la commune, aux subventions
accordées par l’État et à la générosité de la princesse
Mathilde Bonaparte, qui en posa la première pierre le 14 avril
1857.
L’édifice, consacré le 29 mai 1859 en présence de la Princesse Mathilde Bonaparte et de personnalités religieuses, est curieusement orienté à l’ouest. Il comporte une nef unique encadrée par deux petites chapelles qui simulent un transept.
Le monument est éclairé par de grands vitraux réalisés en 1897 par les Frères Hausaires, maîtres verriers à Reims, à l’exception des deux vitraux de la chapelle de la Vierge, représentant «l’Annonce faite à Marie», qui eux datent de 1861. Les vitraux du chœur ont la particularité de représenter des personnages ayant les traits des donateurs de l’époque.
Initialement, le plafond bleu était décoré d’étoiles de feuilles d’or avec des écussons de la Princesse, de même que les côtés étaient parsemés de ses initiales en feuilles d’or sur fond lie de vin. Aménagements et consolidations entraînèrent la disparition de cette ornementation.
La chapelle située à gauche de l’église abrite le
sarcophage contenant les restes du Maréchal Nicolas de Catinat,
mort en 1712, ainsi que ceux de sa petite nièce Marie Renée de
Catinat. Ce sarcophage est l’œuvre du fameux Comte
Émilien de Nieuwerkerke, dont l’œuvre sculptée est
finalement peu connue au regard du rôle prépondérant qu’il
joua dans l’administration des arts au XIXème
siècle. Le comte de Nieuwerkerke fut en effet directeur du Louvre
et des musées impériaux, et surintendant des Beaux-Arts à partir de
1863. Il fut un long moment le compagnon de la Princesse
Mathilde.
Les plaques commémoratives tout autour du monument funéraire
proviennent de l’ancien monument, mutilé lors de la
Révolution française. L’histoire raconte que les corps du
Maréchal et de sa petite nièce furent jetés dans la fosse commune
quand le tombeau fut détruit. Des fouilles ont permis de récupérer
des vestiges avant la destruction de l’ancienne église.
La chapelle de droite abrite une autre sépulture invisible pour le visiteur. C’est celle de la Princesse Mathilde Bonaparte, nièce de Napoléon Ier et cousine de Napoléon III, qui l’a souhaitée discrète. Seul un buste de H. Weigel la représentant, copie d’un original de J.-B. Carpeaux exposé au musée d’Orsay, signale l’emplacement où elle fut inhumée en janvier 1904.
L’église renferme également des objets remarquables tels le bénitier et le tronc de bronze sculpté en 1857 par Mme Léon Bertaux ou encore les 14 Stations du Chemin de Croix.