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Nicolas de Catinat (1637-1712), Maréchal de France 

Fils de Nicolas II de Catinat et de Catherine Poisle (ou Poille), il naît à Paris le 1er septembre 1637. Il est le onzième d’une famille de seize enfants. Fils et petit-fils de conseillers au Parlement de Paris, il est issu d’une famille de petite noblesse de robe originaire du Perche anoblie par charge.

Il débute d’abord sa carrière en tant qu’avocat. Cependant, après avoir, dit-on, perdu une cause qu’il estimait juste, il quitte le barreau à l’âge de 23 ans. Il embrasse alors la carrière des armes et entre dans l’armée en tant qu’officier. Dès lors, il participe aux grandes campagnes militaires de Louis XIV où il se distingue très vite par son intrépidité, sa raison, la sûreté de ses vues et sa bonté allier à beaucoup de fermeté et de justice. Il est réputé pour ne jamais engager inutilement la vie de ses soldats qui le surnomme " le Père la Pensée ". Voltaire dit notamment de lui : « Catinat réunit par un rare assemblage, les talents du guerrier et les vertus du sage. »

Le 27 mars 1693, en récompense de ses hauts faits et de ses nombreuses victoires, Louis XIV élève Nicolas de Catinat à la plus haute distinction militaire, le maréchalat. A cette occasion, il lui écrit de sa main: « Les services que vous me rendez me sont si utiles et agréables que je crois ne pouvoir mieux vous le témoigner qu’en vous faisant maréchal de France. Vous pouvez en prendre la qualité et en recevoir les honneurs. Vous en prêterez le serment quand le bien de mes affaires vous permettra de vous rendre près de moi. »

Bataille de Marsaille

 

Nicolas de Catinat justifie encore cet avènement en remportant le 4 octobre 1693 la bataille de La Marsaille.

De 1694 à 1695, il poursuit ses campagnes en Piémont, mais on commence à le trouver un peu trop " prudent ", malgré ses victoires. Cependant le roi lui accorde encore sa confiance en lui confiant le commandement des armées d’Italie en 1701 et du Rhin en 1702 lors de la guerre de succession d’Espagne. Mais le maréchal est devenu trop circonspect et peut être trop enclin à la mesure pour être un chef d’armée efficace. A l’âge de 65 ans, il demande donc à se retirer en son domaine de Saint Gratien, après avoir connu quelques revers.

Nicolas de Catinat n’est pas homme qui se plait au milieu des courtisans, mais plutôt homme de terrain, peu accoutumé à se plier aux mœurs de la Cour et à se mettre en valeur. C’est ainsi qu’il demande à Louis XIV de ne pas le porter sur la liste des Chevaliers de l’Ordre comme tous les maréchaux de France en 1705.

Aux enjeux et compromissions de la Cour, de Versailles et de Paris, Nicolas de Catinat préfère le calme de ses terres et de son château de Saint Gratien qui lui viennent de sa mère, qui elle-même les tient de son père.

Cette retraite n’est cependant pas une disgrâce. Il est régulièrement consulté sur d’importantes questions de guerre. De même, il n’est pas complètement coupé du monde : de nombreux personnages illustres comme Mme de Coulanges, le duc de la Rochefoucauld, le maréchal de Choiseul, Voltaire, Bossuet, Fénelon, Vauban continuent à rendre visite à ce personnage resté simple et modeste. Saint Simon dira de son attitude qu’elle lui rappelle : « [] par sa simplicité, par sa fragilité, par le mépris du monde, par la paix de son âme et l’uniformité de sa conduite, le souvenir de ces grands hommes qui, après les triomphes les mieux mérités, retournaient tranquillement à leur charrue, toujours amoureux de leur patrie, et peu sensibles à l’ingratitude de Rome qu’ils avaient si bien servie. »

Et en effet, en ses terres de Saint-Gratien, Nicolas de Catinat mène la vie modeste d’un parfait gentilhomme campagnard. Son domaine s’étend des berges de l’actuel Lac d’Enghien jusqu’aux collines d’Orgemont (dont il possède le moulin) en passant par les Cressonnières. Il y mène une vie simple ponctuée par la poésie, la rédaction de ses mémoires, le jardinage et l’administration de sa terre. Saint Simon le décrit ainsi : « Il avait de l’esprit, un grand sens, une réflexion mûre. Ses habits, ses équipages, ses meubles, sa maison, tout était de la dernière simplicité : son air l’était aussi, et tout son maintien. »

Emule de Saint Louis, c’est sous un grand marronnier planté dans la cour de son château, que Nicolas de Catinat réunit les villageois pour dispenser ses conseils, trancher les différents et organiser les fêtes du village.

Fidèle à la ligne de conduite qui fût toujours la sienne, faisant en toutes circonstances preuve de sagesse et de bonté, modeste et juste, le maréchal Nicolas de Catinat su naturellement s’attacher son entourage si l’on en croit les nombreux témoignages de l’époque.

Ainsi fut la retraite de ce grand soldat de Louis XIV, qui se distingua par son courage, son désintéressement et son humilité.
Les armes du Maréchal « D’argent, à la croix de gueules, chargée de neuf coquilles d’or » ont été adoptées par la Municipalité en juillet 1944. En adoptant ces armoiries, la Municipalité rend un hommage posthume à ce glorieux seigneur de Saint Gratien.


Gravure du Château Catinat

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